Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/08/2009

Orgue de l'église Jeanne d'Arc, du mieux...

 ... du moins en fréquentation estivale. Notre note du 27.03.2009 pointait la modestie des assistances aux récitals tout en tablant sur un meilleur succès cet été. Ceci semble être le cas puisque le récital donné ce dimanche 2 août a réuni plus d'une centaine de personnes, même si vers la fin on ne distinguait pas toujours les simples auditeurs des fidèles venus assister à la messe de 18 heures.

Quelques remarques toutefois à cette occasion :

- le choix du programme musical, de bonne tenue certes, mais dont le caractère quelque peu élitiste, pour ne pas dire ennuyeux, en a découragé plus d'un, notamment au cours de l'expérience "d'interactions" entre des morceaux fin 17° et début 21° siècles (il est vrai que ces derniers pouvaient donner l'impression d'avoir été commis par un gamin de six ans touchant au hasard les claviers !). Le répertoire ne manque pourtant pas d'oeuvres moins austères (osons le mot, "mélodiques") susceptibles d'accroître l'assistance aux concerts, comme le démontre le succès constant des récitals donnés chez nos voisins britanniques et hollandais, moins obnubilés par d'intellectuelles et restrictives considérations d'Art pour l'Art.

- les sonorités plutôt dures et manquant de chaleur de l'orgue, sans doute peu mis en valeur par l'acoustique sèche des lieux ou par un choix limité de registrations ce dimanche.

- l'esthétique générale de l'intrument, dont les formes cubiques (d)étonnent toujours dans le cadre de l'édifice.

 

A ce propos, puisque ses motifs polychromes sont censés rappeler les vitraux de l'église, on reste frappé par le contraste entre l'aspect terne desdits motifs et les vitraux eux-mêmes, éclatants de lumière et de couleurs. Une vraie polychromie dynamique aurait pu être proposée comme dans cet exemple de notre cru. On aurait même pu oser un traitement "vitrail" rétroéclairé, véritable contrepoint visuel, comme dans cet autre exemple. Mais c'était peut-être trop audacieux pour nos décideurs... Par ailleurs, on peut regretter l'aspect inachevé du soubassement des tourelles latérales, revêtu simplement de contreplaqué. Un généreux mécène se présentera-t-il un jour pour améliorer la situation ?

 

Additif 9 août.

Beau succès d'affluence et beau récital ce dimanche avec une programme varié mettant en valeur les tonalités chatoyantes de l'instrument même si la virtuosité de l'organiste n'a pu éviter de montrer les limites de la transposition à l'orgue de certaines oeuvres pour piano. De même, malgré la nature peu réverbérante de l'édifice, certains tutti ont exhibé des limites d'intelligibilité, confirmant ainsi le sentiment qu'un grand orgue de tribune doit dispenser avec parcimonie ses grandes envolées sonores.
Question aspect visuel, on reste toujours frappé par le contraste entre la façade de l'instrument et l'éclat des nombreux vitraux de l'église. A défaut d'intervenir matériellement sur les "polychromies", pourquoi ne pas les mettre en lumière au moyen de quelques spots discrets et bien ciblés ?

 

Additif 23 août.

Nettement moins de monde le dimanche 23 août (sans doute parce que le soliste n'était que l'un des deux organistes titulaires et non un artiste invité !) mais les personnes placées près du chœur ont vraisemblablement perdu une partie des nuances et couleurs sonores du récital en raison de l'acoustique résonnante qui a rendu presque inintelligibles les interventions au micro (exemple), y compris celle de M. le Député-Maire, venu brièvement rendre hommage à la programmation musicale de la saison d'été. Espérons que l'organiste, du fait de son placement en tribune, ne soit pas le seul à pouvoir apprécier pleinement les qualités d'un si coûteux instrument !
La solution numérique de très haut de gamme que nous avions proposée en son temps - arguments à l'appui - aurait permis, outre une diminution spectaculaire des coûts, de mieux traiter les particularités acoustiques de l'édifice. Mais ses opposants avaient prétexté son prétendu manque de vérité et de plénitude sonore. Le dogme de la facture musicale "authentique" ayant été respecté, on peut toutefois se demander si le mystère de l'émotion musicale est aujourd'hui toujours présent…

Note mise à jour le 30.08.2009

27/03/2009

Orgue, où est ton public ?

Son inauguration remonte à seulement six mois et pourtant l'assistance était bien maigre au dernier concert, comme le déplorent ces articles : Echos du Touquet, Voix du Nord. La faute au programme proposé (pourtant intéressant), au manque d'information, au mauvais temps, à la date... ? Ou est-ce un manque d'intérêt des touquettois pour certaines formes musicales (voir la contre-performance subie il y a trois ans par le Sheffield Wind Orchestra) ?

Ayons toutefois une pensée compatissante pour les préposés au retournement des chaises de l'église (superflu pour l'écoute de l'instrument mais utile au soliste pour saluer le public depuis la tribune) qui doivent modérément apprécier la vaine inversion dans un sens - puis la remise à l'endroit, une fois le concert terminé - de la plupart des sièges.

Bon, malgré nos pronostics pessimistes maintes fois émis, cela ira peut-être mieux cet été, grâce aux touristes et vacanciers...

02/10/2008

Inauguration de l'orgue de l'église Jeanne d'Arc

orgue,touquet

Ce dimanche 28 septembre, près de 3 mois 1/2 après la date initialement prévue, le nouvel instrument signé Pascal Quoirin a été inauguré en présence des personnalités locales civiles et religieuses.

Gros succès d'assistance, comme chaque fois lors d'une première, tant pour la bénédiction du matin que pour le concert inaugural de l'après-midi donné par Olivier Latry, son parrain. L'avenir dira si cette affluence se perpétue dans les années à venir lors des concerts promis.

A l'oreille, l'instrument se révèle polyvalent, capable de sonner autant en douceur que haut et fort mais, comme souvent en d'autres lieux, son plein jeu tend à heurter l'oreille; des flûtes subtiles et un hautbois plaisant apportent toutefois un répit bienvenu. L'acoustique du lieu, "compliquée" d'après le maître d'oeuvre J.P. Decavèle, est plutôt sèche (réverbération d'une seconde et demie environ) ce qui favorise l'intelligibilité des registrations complexes mais n'aide pas aux développements amples et majestueux. Ce qui se gagne en clarté se perd donc en ambiance.

A l'oeil, les lignes cubiques de l'instrument paraissent déplacées et ne s'accordent guère au style de l'église, malgré les motifs polychrome (non figuratifs) censés rappeler les vitraux (figuratifs) de l'édifice. On remarque la présence d'une boîte expressive munie de jalousies "rouge tendance". Le maître d'oeuvre soutient que l'instrument s'accorde parfaitement à l'édifice mais de nombreux avis divergent à ce propos. Ce choix visuel aurait-il résulté de considérations autres qu'esthétiques, délais par exemple ? Il serait intéressant de connaître les projets présentés en leur temps par les 4 autres candidats constructeurs (Kern, Aubertin, Thomas, Muhleisen).

Plus généralement, on mesure bien l'inadéquation entre les possibilités de l'instrument et les besoins réels de la paroisse ou de la ville. Un orgue de 3 claviers et 37 jeux ne peut donner toute sa mesure qu'en concert, seule une fraction de ses ressources étant mobilisable lors des vacations et offices sous peine de noyer la congrégation sous un déluge de décibels.

Petit calcul pour illustrer ce dilemme : à raison de 6 heures de vacations hebdomadaires (≈ 300 heures/an) et d'une demi-douzaine de concerts annuels (≈ 12 heures/an), l'instrument restera sous-employé pendant environ 96% de son temps de fonction effectif. En estimant son utilisation potentielle "ouvrable" dans l'année à 365 x 8 heures ≈ 2900 heures, il restera sous-employé ET silencieux pendant 99,6 % de l'année (2900/12 ≈ 0,4%), comme dans bien d'autres édifices d'ailleurs. Vu le coût total de l'instrument (cf. note du 30.03.2008), et même si M. Rostropovitch a dit "La musique commence avec le silence", cela fait cher de l'heure de relâche. Mais le silence est d'or et l'ART n'a pas de prix n'est-ce pas !

Ce n'est pas la classe d'orgue projetée qui va améliorer ce rapport. Sachant que l'organiste bénévole qui s'est dévoué pendant une vingtaine d'années aux claviers de l'ancien orgue n'a pas, à ce jour, été jugé pleinement digne de mériter une place devant le nouvel instrument, laissera-t-on vraiment des débutants s'exercer longuement sur un instrument aussi "prestigieux" ? Parions qu'ils feront leurs gammes sur le petit instrument numérique placé près du choeur puis, s'ils sont méritants, qu'on les laissera gravir l'escalier menant à la tribune céleste (exercice lui-même quelque peu périlleux) pour s'essayer enfin au Grand Orgue.

Enfin, comme nous l'avons déjà souligné (cf. même note), ledit instrument numérique suffit amplement aux besoins des offices. La solution d'un grand orgue numérique d'exception que nous avions en son temps préconisée par souci d'un usage raisonné des deniers publics (cf. note du 01.08.2005 et liens 1-12 note du 21.10.2006) aurait permis de réaliser des concerts de bonne facture (!) pour une fraction du coût de l'orgue actuel, comme en témoignent les nombreuses installations de ce type existant dans le monde entier - et même en France. Mais bien entendu, il n'y aurait pas eu tous ces tuyaux étincelants qui meublent si bien l'église en dehors des offices. Et bien entendu également, un tel instrument n'aurait pu bénéficier de son éminent parrainage actuel.

 

Additif 13 octobre.

Pour ceux qui douteraient encore de la validité d'une installation numérique dans une église, voici une video d'un fournisseur concernant une telle installation. Noter les dimensions très comparables à celles de l'église Jeanne d'Arc ainsi que la façade de tuyaux factices (utilisés en facture classique sous le nom de "chanoines") qui contribue à l'aspect visuel, assez élémentaire toutefois dans le cas présent, que certains trouvent nécessaire. Les puristes seront bien entendu scandalisés mais l'économie locale et paroissiale s'en trouve confortée. En effet, le coût cumulé des trois orgues acquis à ce jour en fonction des fonds disponibles et de l'expérience acquise (chaque instrument marquant une progression sonore et expressive par rapport au précédent) est de l'ordre de 40.000 euros, soit environ 14 fois moins que le coût du seul instrument touquettois, sans parler des travaux, passés et futurs.

Autres avantages (absents à Jeanne d'Arc pour le grand orgue) : 1- L'organiste, placé au même niveau que l'auditoire, voit l'autel, le choeur et l'entrée; il est visible en permanence de tous, notamment de l'officiant ou du chef d'orchestre et peut répondre sans délai à toute indication de leur part. 2- N'étant pas perché en tribune à proximité immédiate (assourdissante ?) de l'instrument, il entend la même chose que l'auditoire et peut donc ajuster son jeu en fonction des besoins du moment. 3- Cette disposition évite d'avoir à retourner toutes les chaises de l'église vers l'organiste en tribune avant chaque concert et à nouveau dans l'autre sens après !

NB. D'après un cliché publié dans les Echos du Touquet du 8 octobre, le concert donné le samedi précédent dans le cadre du Festival des Orgues du Pas de Calais ne semble pas avoir fait église comble. Espérons que nos craintes concernant les fréquentations à venir ne se vérifient pas trop vite.

Note mise à jour le 13.10.2008

 

09/04/2008

Un don pour l'orgue du Touquet

Remercions la chorale “OPALINE” qui a fait don du bénéfice (1.100 €) de la recette de son concert de décembre 2007 aux “Amis de l’orgue du Touquet” (cf. VdN du 22/03/2008).

Si l’on considère le simple coût de l’instrument seul, en regard des ambitions conjointes et limitées de la ville du Touquet, de la Paroisse et de l’Association de financer par dons 10% de l’orgue (cf. ancienne affichette), cet objectif est donc atteint (11%). Mais comme nous sommes pour notre part plus terre à terre, nous estimons qu’il conviendrait de prendre en considération l’investissement total de cette opération, lequel, avec les travaux annexes, avoisine à ce jour 830.000 euros (voir note du 07.11.2007). Il en résulte une contribution plus modique de 7,5%. C'est sans doute ce qui a motivé le constat de déception exprimé, lors du dernier conseil municipal, par l'Adjointe à la vie culturelle.

Ceux qui suivent nos cogitations sur le sujet auront compris que notre propos n'est pas de contester l'opportunité ou la qualité d'un tel instrument mais plutôt de critiquer une utilisation d'argent public pour un équipement bien plus cultuel que culturel et pédagogique. Il y aurait peu à dire si l'orgue était très majoritairement financé sur fonds privés. Or, il ne l'est que très minoritairement...

Au fait, l'inauguration est prévue pour le mois de juin prochain. Elle devrait logiquement préluder à un cycle inaugural, au moins jusqu'à la fin de l'année. Aucun programme ne semble réalisé en ce sens et pourtant l'instrument est en cours d'installation (photo1 photo2). A comparer avec l'article suivant paru dans le journal paroissial de mars du secteur Le Pecq (Yvelines), qui semble au contraire avoir prévu un bon nombre d'évènements jusqu'à la fin de l'année. A noter que le budget de cet instrument (400.000 €) est bien plus raisonnable que celui du Touquet.

NB. Que penser de l'aspect visuel in situ du nouvel orgue ? Pour le moment, c'est surprenant, mais on ne sait pas très bien dans quel sens... Attendons la mise en place complète. Et comparons déjà avec l'instrument du Pecq à la composition pourtant plus modeste. Lequel paraît le plus spectaculaire ?

 

Additif 30 juin.

La date d'inauguration, pourtant annoncée depuis plusieurs mois pour le 15 juin, est reportée sans explication de presque 3 mois 1/2. La mise au point et l'harmonisation ayant été terminés à temps, l'instrument tant désiré par certains devrait pourtant retentir sans délai. Or il reste muet. L'acoustique de l'église ayant été critiquée (temps de réverbération trop court), on pouvait craindre un problème technique mais il semble que certaines personnalités ne soient pas disponibles en temps voulu. Ces Messieurs sont-ils vraiment si débordés ?

Surprise néanmoins, le dimanche 29, en abordant le porche de l'église pour la messe de 11h15, des sonorités d'orgue se font entendre. Las, en entrant, on constate qu'elles émanent – horresco referens – d'une modeste console numérique placée près du chœur. On a donc "osé", en attendant la mise en service de l'orgue de tribune, recourir à la solution de secours que nous avions suggérée.

A l'écoute, que constate-t-on ? Et bien, qu'un tel instrument remplit parfaitement son office liturgique de guide-chant et peut même couvrir sans difficulté les accents d'une nombreuse congrégation. L'argument-alibi "cultuel" de nos décideurs en faveur d'un coûteux buffet de prestige s'en trouve d'autant fragilisé – comme nous l'avons déjà souligné.

Note mise à jour le 30.06.2008

 

Additif septembre 2008.

Madame la Présidente de l'Association des Amis de l'Orgue ayant annoncé le 28 septembre, jour de l'inauguration de l'instrument, que l'Association avait finalement contribué à hauteur de 17% du coût (sous-entendu "de l'instrument"), le chiffre de 7,5% calculé ci-dessus devient proche de 11,8%, ce qui est sensiblement meilleur. Il n'en reste pas moins que le financement sur fonds publics (tout le reste), dont la plus grande partie est à la charge de la Ville, dépasse 88% !

Note mise à jour le 30.09.2008

07/11/2007

Orgue de l'église : la musique céleste n'a pas de prix

La facture continue à s'alourdir. Le PV du dernier Conseil municipal (cf. note du 19 octobre) annonce une nouvelle augmentation avec l'option "7 jeux supplémentaires" de 52.000 € HT portant le prix de l'instrument à plus de 570.000 € TTC pour 37 jeux (soit environ 15.000 € le jeu, ce qui n'est pas donné) et le coût total avec les dépenses annexes (réfection de la tribune notamment) à près de 650.000 €. Le PV insiste sur un surcoût de seulement "17,82 % du montant du marché initial", opportunément exprimé en montants HT, nuance  sans doute modérément appréciée par les conseillers d'opposition puisqu'ils se sont abstenus. Rappelons que la commande initiale portait sur 485.650 TTC (instrument seul).

Les subventions annoncées représentent en réalité 36 % du financement TTC plutôt que les 48,75 % HT mentionnés : 101.000 € de dotation d'Etat + 80.400 € du Conseil Général + 51.000 € des Amis de l'Orgue  (comprenant sans doute les 10.000 € alloués en octobre 2006 par le Maire sur sa dotation de député), soit 232.400 € au total.  Le reste, soit 417.000 €, est donc financé par la Ville, sans oublier pour le siècle à venir - et en totalité - les frais d'entretien élevés de l'instrument.

Petit détail : le nombre de 37 jeux a été publié bien antérieurement au vote en Conseil municipal, ce qui démontre, à ceux qui en doutaient encore, que le Conseil fonctionne surtout comme une bonne chambre d'enregistrement. Surtout lorsqu'on remarque que tous les tuyaux sont déjà fabriqués (cf. dépliant de Dernière Collecte pour le parrainage).

Le PV du 19 octobre mentionne un autre chiffre intéressant, celui des "travaux de nettoyage et de lasure" de l'église à hauteur de 150.842 € HT, soit plus de 180.000 € TTC. Etaient-ils indispensables ? Curieusement, ils n'ont pas été soumis à l'appréciation des conseillers municipaux. Il ne s'agit que d'entretien diront certains; dans ce cas, pourquoi l'entretien bien moins coûteux des paratonnerres de l'église et autres lieux (514 € par intervention) a-t-il fait l'objet d'un vote spécifique en juillet 2004 ? Faut-il les rajouter au coût de l'orgue ? Certainement pas diront les mêmes, cela n'a rien à voir. Il est toutefois permis d'en douter, vu l'avis de M. l'Adjoint à la culture lors du Conseil de janvier 2007, "...il faut évidemment que l'église soit impeccable pour accueillir cet instrument". Peut-être faut-il rappeler aussi que la poussière est nuisible à son bon fonctionnement.

De toute façon, il est clair qu'en rajoutant le  coût du "nettoyage", le cap du million d'euros sera atteint bien avant la fin du siècle. Combien de concerts faudra-t-il réaliser pour transformer ce beau jouet, pardon, ce bel objet de vitrine, en véritable vecteur de culture musicale ? Notre position déjà ancienne sur le sujet est résumée ici.

Sur une note plus optimiste, on apprend que l'ancien orgue de l'église, initialement destiné à être récupéré et transformé en "objets d'art" par le Père André-Marie, bénéficiera en réalité d'une seconde vie musicale. Ce réemploi "plus noble" est effectivement mieux indiqué.

Additif 14 novembre 2007.
La Voix du Nord publie ce jour un article consacré aux travaux de rénovation intérieure de l'église du Touquet sous le titre suivant : L"église se prépare à recevoir le nouvel orgue". Difficile de soutenir par conséquent que ces travaux sont sans aucun rapport !

Surtout à la vue de ce panneau placé à l'entrée de l'église !

►  Note mise à jour le 30.12.2007

 

29/06/2007

Orgue de l'église : coup de pouce sur la facture

Le PV du dernier Conseil municipal de ce 15 juin annonce le choix d'une option supplémentaire afin de "... donner à l'orgue une plus grande souplesse d'utilisation et une augmentation du volume sonore très significative... sans pénaliser la dureté du toucher.". Il s'agirait d'un accouplement entre claviers, permettant d'élargir la palette sonore sans obliger l'organiste à appuyer plus fort sur les touches pour compenser une résistance mécanique accrue, facteur de fatigue, voire de crampes ("organ-elbow" ?). Un tel dispositif étant généralement prévu dès l'origine, on se demande pourquoi il a été "oublié", à moins que ce ne soit pour minorer la facture initiale. L'option coûte en effet 11.362 € TTC. Avec ce 2° avenant, l'augmentation représente 4,99% du coût initial, ce qui porte à présent le prix de l'instrument seul à près de 510.000 € TTC. Pour la petite histoire, notons que les sommes sont toujours données HT par la commune... une manière comme une autre de faire moins tout en demandant plus (comme annoncer 4,99% au lieu de 5% !). 

ll faut rajouter les travaux d'installation et de nettoyage dont le coût final reste encore à déterminer. Gageons que la barre des 600 K€ (cf. note du 25.02.3006) sera largement dépassée avant même d'avoir entendu les premiers sons de l'instrument. Nous ne doutons pas de sa qualité intrinsèque mais craignons toujours qu'il reste, eu égard à son prix, très largement sous-utilisé, auquel cas, les deniers publics seraient bien mal employés. En toute logique, on devrait s'attendre à l'annonce d'une série de concerts après la mise en place de l'instrument l'année prochaine. Mais dans 5 ou 10 ans, en sera-t-il toujours de même ?    
Question : En attendant sa mise en fonction, les offices resteront-ils sans accompagnement musical ? Une solution simple serait de louer un orgue numérique de qualité pour assurer l'intérim, malgré tous les arguments fallacieux qui ont été avancés contre ce type d'instrument. Osera-t-on ? (Une telle solution a été utilisée à l'abbaye de St-Riquier).

NB. L'orgue actuel sera démonté en août et fera l'objet d'un don au père André-Marie, sans doute pour être réinstallé dans sa fondation à Croixrault dans la Somme. Le geste est sympathique mais les difficultés de remontage et de bon fonctionnement seront importantes. Nous lui souhaitons bon courage.

20/05/2007

Orgue de l'église : composition, chauffage, nettoyage...

orgue,touquet,chauffage,air pulsé,poussièreLa construction de l'instrument avance. Plus d'un an après sa commande, on peut enfin prendre connaissance de sa composition sur le site du constructeur.

A cette occasion, nous écrivons à M. l'Adjoint aux Affaires Culturelles  pour insister sur l'importance de l'entretien de l'instrument, une fois installé, ainsi que sur les précautions à prendre concernant le chauffage de l'église par air pulsé. Certains dommages provoqués par ce mode de chauffage donnent à réfléchir, comme par exemple ceux subis par l'orgue de l'église St Louis de Vichy.

Nous avons rassemblé quelques informations sur le chauffage des églises par air pulsé, ainsi que des exemples de dommages encourus. Le sujet étant plus vaste et plus sensible qu'il n'y paraît, nous espérons qu'elles seront de quelque utilité pour les années à venir. 

Par ailleurs, la presse locale a récemment annoncé qu'un nouveau système de nettoyage par "peeling" serait mis en oeuvre dans l'église, l'un de ses avantages étant l'absence de poussière, parfois fatale aux meilleurs instruments (voir la  mésaventure subie l'an dernier par le remarquable orgue de la cathédrale d'Evreux). Ce procédé semble efficace, comme en atteste son utilisation sur deux importants édifices, la cathédrale St Paul de Londres et le grand musée Kelvingrove de Glasgow. Toutefois, bien que ce ravalement paraisse lié à l'arrivée du nouvel instrument l'année prochaine, son coût ne semble pas faire partie du  budget d'installation prévu. Est-ce pour mieux faire passer la note finale auprès des citoyens contribuables ?

21/10/2006

Des nouvelles de l'orgue de l'église du Touquet

Selon le PV du Conseil municipal du 21/10/06, l'instrument aura du retard (livraison début 2008 et non fin 2007) et coûtera plus cher (+ 20% d'ici 2 à 3 ans). Cette information n'étonnera que les optimistes. A ce train là, le cap du million d'euros que nous indiquions pour la fin du siècle (cf. note du 01.08.05) sera atteint bien avant !

Rappelons que pour favoriser la meilleure utilisation des fonds publics, nous préconisions l'examen sérieux d'une solution numérique en même temps que celle d'un instrument classique (voir note du 01.08.05).  Nous avions réalisé une étude financière, technique et musicale de la question (note du 01.11.05), document lu en diagonale ou pas lu du tout par nos édiles, car l'idée n'avait rencontré qu'indifférence et mépris en raison, parmi autres arguments spécieux, d'une fiabilité soi-disant douteuse (et sans doute aussi de l'absence de jolis tuyaux !)

Or qu'apprenons nous à présent ? Que pour 10.800 € HT, soit le prix d'un instrument numérique de série "moyen" (3 claviers et 40 à 50 jeux quand même) l'orgue doit être équipé d'un "combinateur électronique" aux nombreuses vertus dont celle d'une "totale fiabilité".

Cela peut faire sourire - mais pas rire !

Pour montrer qu'une belle solution numérique n'est pas qu'une conjecture de doux réveurs, voici quelques liens commerciaux répertoriant près de trois cents édifices en France et dans le monde qui ont choisi, à titre principal ou complémentaire, d'installer un orgue numérique : Ahlborn  Allen  Content  Copeman-Hart  France-Orgue  Johannus  Phoenix  Rodgers  Van der Poel  Viscount UK  Wyvern ...

Noter en particulier les nombreuses installations du lien 12, comparables en taille et en apparence à la tribune actuelle de l'église Jeanne d'Arc ou renfermant comme elle un instrument vétuste à remplacer. Dans ces édifices, l'instrument ancien a été remplacé par une version numérique et les haut-parleurs placés à proximité ou derrière la façade d'origine, parfois remise à neuf. Noter aussi l'impression d'un organiste confirmé ("Read more...") pensant être en présence d'un véritable instrument à tuyaux. (Traduction)

Le nombre total d'installations dans le monde est bien entendu beaucoup plus élevé. On peut toutefois s'interroger sur le sens de certains instruments spectaculaires : Prestonwood Texas (295 jeux, 142 diffuseurs sonores) ou Bellevue Tenessee (365 jeux, 250 diffuseurs), sans doute aussi coûteux que des instruments équivalents à tuyaux (il est vrai qu'ici chaque sanctuaire compte 7.000 places assises !).

25/02/2006

A propos du nouvel orgue de l'église du Touquet

 

L'article paru dans les Echos du Touquet du 1er février et consacré au nouvel orgue de l'église appelle quelques précisions susceptibles de nuancer la satisfaction affichée de nos élus et décideurs.

1- ACHAT. Rappelons que le financement se fait essentiellement sur fonds publics. Le coût de 406.000€ indiqué dans l’article correspond au prix HT de l'instrument. Il faut lui ajouter les études et travaux annexes (aménagement tribune), ce qui élève la note à 600.000 € TTC. Compte tenu des subventions et dons, la Ville doit apporter environ 350.000€, à condition que les soutiens principaux attendus (Ministère Culture + Conseil Général = 45% du prix HT) soient bien versés. Or, déjà en 2003, toutes les subventions promises avaient été annulées. Et d'autres villes ont vu leurs subventions réduites avec pour conséquence une note finale considérablement augmentée (cas par exemple d'Auvers-sur-Oise).

2- ENTRETIEN. Le coût indiqué de la maintenance annuelle, 2.000 € ttc (0,5% du prix HT), ne couvre qu’une partie des frais à venir. Tous les 10, 20 ou 30 ans, des travaux importants sont indispensables pour que l'instrument reste jouable. En les évaluant à 1% par an (on a vu plus lourd), le coût HT en euros constants de l’instrument seul peut atteindre le million au bout d’un siècle. Il faut savoir en effet que, faute de crédits, près de 40% des orgues du Nord-Pas de Calais inventoriés par le Ministère de la Culture sont défectueux ou hors d'usage (la Région compte plus de 500 orgues). L’instrument actuel, qui ne date pourtant que de 1925, était déjà en mauvais état en 1996. Un orgue de qualité peut et doit devenir centenaire mais au prix de vigilance et de soins permanents sous peine d’être réduit un jour à l’état d’ornement somptuaire. Par ailleurs, toute "rallonge" de jeux (opération peu nécessaire s’ils sont bien choisis au départ) coûte 12 à 15.000 € par jeu supplémentaire.

3- QUALITE. Le nouvel orgue a été qualifié par certains de "haut de gamme". Sans douter à priori de la qualité de sa construction (l'avenir le dira) ou de son intérêt musical, un orgue de 30 jeux ne peut prétendre figurer parmi les plus grands, d’autant que l’image publiée en première page évoque un peu, par ses tourelles en caissons juxtaposés et malgré leur polychromie, certains orgues numériques à façade décorative ! (On pourrait s'interroger aussi sur les proportions de l'ensemble). L'église Jeanne d'Arc étant récente (1912), on aurait pu opter pour un aspect moins rigide ou plus novateur. L'église St Augustin de Deauville par exemple (1864) est dotée d'un audacieux fronton aux draperies de métal chatoyantes. On espère en revanche, le Touquet n'étant pas St Tropez, que l’esthétique sonore s’accordera bien au cadre régional. On espère également que le délai de 20 mois maximum (cf. annonce du Bulletin Officiel) imposé pour la livraison de l'instrument (à temps pour les prochaines élections municipales ?) sera sans incidence sur l'excellence de la facture.

4- UTILISATION. L'orgue ne peut rayonner que s’il bénéficie, après l’engouement initial, d’un engagement fort et durable de toutes les parties concernées, municipales ou régionales, bénévoles ou rémunérées. Trop d’exemples réels ont montré que la désaffection peut survenir, le dogme d’une facture musicale "authentique" n’étant pas le souci majeur des assemblées de fidèles. Dans un édifice religieux, la fonction cultuelle prime la fonction culturelle, comme en témoigne le traditionnel rituel de bénédiction de tout nouvel orgue. Il faudra plus que quelques concerts et usages profanes pour garnir les caisses ou soutenir la notoriété et l’excellence alléguées, d’autant plus qu’une salle de concerts véritable doit voir le jour au sein du futur espace Nouveau Siècle. Si pour certains l’Art n’a pas de prix, les contribuables et les élus doivent aussi en être convaincus – et le demeurer au cours des décennies à venir.

En attendant le verdict des générations futures, deux rendez-vous significatifs sont déjà à noter : celui de la première écoute inaugurale et celui d’un premier bilan, dix ans après.

 

Additif juin 2006. 

Il existe une possibilité de choix d'instrument traditionnel que nous n'avions pas évoquée en son temps à cause de son caractère aléatoire. C'est celle de l'orgue "d'occasion", marché peu actif mais qui peut révéler parfois de bonnes surprises. Comme le montre l'entrefilet joint, cet instrument cédé au mois de mars semble, avec ses 30 jeux, pouvoir soutenir la comparaison avec celui retenu pour l'église. Bien entendu, au 13.000 € du prix de vente il faut rajouter des frais importants de démontage, transport, remontage et révision mais en tout état de cause, son coût final reste très en deçà de celui de l'instrument touquettois. Et son heureux acheteur dispose d'un orgue signé par un facteur réputé (360 instruments construits en un siècle) et doté déjà d'un certain passé historique.

Notre municipalité a-t-elle envisagé une telle solution ? Il est permis d'en douter...

PS. Pour cause de sous-utilisation, le grand orgue du Studio 104 de la Maison de la Radio à Paris est aussi à vendre. Mais ses 101 jeux seraient un peu à l'étroit dans l'église Jeanne d'Arc !

 

►  Note mise à jour le 01.06.2006

30/11/2005

Etude comparée entre orgues numériques et orgues à tuyaux

Tous les orgues numériques ne sont pas exécrables comme tentent de le faire croire leurs opposants. Tous les orgues à tuyaux ne sont pas remarquables comme tentent de le faire croire leurs zélateurs.
L'Art avec un grand A c'est bien beau mais, les ressources locales n'étant pas extensibles à souhait, il faut bien parler aussi de budget et de financement. L'achat est une chose mais combien coûte l'entretien sur un siècle ? Les fabricants restent remarquablement discrets sur cette question !
L'étude tente de faire le point sur un sujet fort mal connu par les instances décisionnaires des collectivités locales.
Lire l'étude (taille 1,4 meg).

01/08/2005

L'orgue de l'église du Touquet : deux lettres ouvertes

Nous avons réunis ici quelques arguments en forme de lettre ouverte sur le sujet du remplacement de l'orgue de l'église Jeanne d'Arc, en version courte lettre1 et en version plus longue lettre2, au choix.

Nous avions communiqué en leur temps une bonne partie de ces arguments à la municipalité. Ils ont été purement et simplement ignorés !

01/03/2004

L'orgue de l'église du Touquet


L'orgue de l'église Jeanne d'Arc en 2004.
Le ramage s'accorde au plumage :
Extrait sonore.

Sans commentaires !